Nous, les pierres branlantes

C’est un site connu et reconnu des Monts de Blond, lieu de passage des randonneurs, des touristes et des apprentis druides. La Pierre Branlante, un bloc granitique de 120 tonnes que l’on peut pourtant faire bouger sur son socle en faisant levier avec un simple bâton. Ne serait-ce pas là une métaphore de notre territoire ?

Nous sommes tous des pierres branlantes, finalement. Car comme tout territoire rural, la Basse-Marche traîne des boulets. Certains sont d’abord liés à son histoire, à sa géographie, et d’autres sont venus alourdir ses pas au fil des orientations politiques et économiques ou des choix de société des dernières décennies. Nous voilà donc contraints de composer avec ce territoire, avec sa météo, son réseau de transport pas toujours au top, ses services publics qui se raréfient, ses rues commerçantes endormies, etc. Mais cette lourdeur est-elle irrémédiable ? N’y a-t-il donc aucune raison de penser que malgré le poids des ces boulets (granitiques ou presque), il est possible de faire bouger les choses et de casser cette image ? Car ce n’est là qu’une vilaine image. De nombreux acteurs locaux n’ont pas attendu Mefia Te ! pour rendre ce territoire vivant, dynamique. Il s’en passe des choses, en Basse-Marche ! Alors oui, on le confirme, ce gros bloc de granit n’est pas immobile, et on y recense autant d’attraits et de projets qu’il y a de bâtons autour de la Pierre Branlante pour faire levier. La preuve, une fois de plus, avec ce nouveau numéro.

Vous y trouverez plusieurs portraits de « personnalités » attachantes, depuis le cantonnier-chansonnier de Mézières-sur-Issoire jusqu’au patron charismatique du Buis Blues Festival. Vous apprendrez sans doute des choses sur des ressources locales précieuses plus ou moins valorisées jusqu’à présent, avec les exemples du safran ou de la laine. Nous consacrons un dossier au thème de la filière textile, en présentant ce qu’elle était autrefois ainsi que son potentiel d’aujourd’hui. Vous lirez des histoires de brame de cerfs, des récits de vie dans le hameau de Saint-Barbant, ou bien encore des courriers de lecteurs investis. Vous retrouverez comme à chaque fois des anecdotes historiques et des précisions linguistiques locales. Vous sourirez, on l’espère, à la lecture de la double page que nous a inspiré un vieux reportage tourné par FR3 sur notre territoire il y a 40 ans de cela. Vous entrerez dans les confidences du maire de Bellac, qui nous a reçus pour L’Odyssée dau Maire, et dont le témoignage complète par ailleurs l’article que nous consacrons à l’épineux sujet de l’école de musique.

Tous ces sujets, toutes ces discussions, tous ces gros plans sont bien la preuve que le granit bas-marchois n’est pas immobile, loin s’en faut. D’aucuns diront que se comparer à des pierres branlantes, au vu de la moyenne d’âge canonique de notre territoire, ce n’est sans doute pas très flatteur. Mais c’est une chance, d’avoir tous ces anciens autour de nous, Messieurs Dames ! En Basse-Marche comme ailleurs, quoi qu’en disent les esprits chagrins qui crient parfois plus fort que les autres, la diversité – entre générations, milieux sociaux, nationalités, etc. – est une richesse ; nous en reparlerons. En tout cas, de Cieux à Saint-Amand-Magnazeix, les habitants anciens et nouveaux sont fidèles au poste pour faire vibrer la belle pierre du territoire, précieuse à nos yeux, et il n’y a pas de raison que cela cesse.

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Bonne lecture !
La rédation

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