Mais, quel bordel

Ah qu’il est compliqué d’évoquer cette période, qui nous est tombée sur le coin du nez sans prévenir, depuis le confinement brutal et généralisé. Bien sûr, des mots comme covid, confinement ou déconfinement ont été rabâchés partout, jusqu’à l’écœurement. Mais, collectivement, il nous a paru néanmoins nécessaire de mettre cette crise en perspective, sur notre territoire de la Basse-Marche. D’ailleurs, à la rédaction de Mefia Te !, dès qu’on a pu se retrouver pour préparer ce numéro et parler de ce dossier, la principale difficulté était de trouver l’angle pour traiter de ce sujet. Le monde d’avant ? Le monde d’après ? Et pourquoi pas le monde du pendant alors ? On tâtonnait. Quand on se disait qu’on avait enfin trouvé une solution, un membre de l’équipe nous avançait un contre-exemple qui mettait à plat nos certitudes. Par exemple, nombre d’entre nous commençaient à évoquer en quoi cette période avait été l’occasion de prendre enfin du temps pour soi, pour sa famille, de découvrir des nouvelles recettes, ou de pouvoir admirer heure par heure les arbres s’épanouir au cours de ce magnifique début de printemps. C’est alors qu’en pleine envolée lyrique d’une partie de l’équipe, l’un d’entre nous, les yeux cernés par la fatigue, a balancé : « Hé les rêveurs, vous seriez mignons de ne pas oublier toutes les personnes qui n’ont jamais arrêté de bosser, voire même qui se sont épuisés à la tâche. » Et de rajouter : « Eux aussi adoreraient sûrement lire L’Éloge de la paresse, mais ils n’ont malheureusement pas le temps ! ». Ça calme les ardeurs et ça recentre le débat.

Autres soucis pour attaquer ce thème : notre manque d’expertise dans l’analyse de ce genre de situation, mais surtout les nombreuses incertitudes qui demeurent quant à l’impact de cette crise sur notre territoire dans les mois et les années qui viendront. Utiliser ces pages pour faire des paris sur l’avenir, et prendre le risque d’être contredits trois jours après la parution du journal, ça serait pas terrible. Certains au plus au sommet de l’État se sont d’ailleurs grillés quelques plumes en jouant à ce petit jeu. Nous avons donc dû freiner des quatre fers pour ne pas nous lancer dans les projections à la Madame Soleil sur ce que pourrait être l’avenir de la Basse-Marche dans un monde d’après-covid. Et de toute façon, il y a clairement un propos qui est revenu quasi-systématiquement dans chacun des entretiens que nous avons menés pour ce dossier. Florilège : « On ne sait pas où on va », « C’est l’incertitude totale », « On navigue à vue », « On aimerait avoir des consignes plus claires », etc. Bref, c’est le bazar, le foutoir, LE BORDEL, on vous dit !!

Finalement, quand on s’est lancé pour de bon dans la construction de ce dossier, on s’est dit que le mieux serait de commencer par vous livrer les multiples témoignages que nous avions recueillis. Parce que c’est ce qu’on a appris à faire de mieux depuis cinq numéros, c’est à dire sortir de nos certitudes et nous rapprocher des acteurs locaux. Jeunes bas-marchois, moins jeunes, chefs d’entreprise, personnels de santé, acteurs culturels, bénévoles, métiers du lien, agriculteurs, commerçants indépendants et on en passe…Nous avons recueilli leurs impressions, leurs inquiétudes mais également leurs espoirs, et nous vous les présentons ici, en vrac. À partir de cette matière brute, et de nos échanges au sein de la rédaction, nous vous proposons ensuite une double page On a aimé, on n’a pas aimé, listant toutes ces petites choses observées pendant cette période, qui nous ont pu nous donner confiance en l’avenir, ou bien nous inciter au contraire à rester vigilants au sujet du monde d’après, pas forcément plus radieux ! Après tout ça, on avait le cerveau en ébullition, et on a donc essayé de prendre un peu de recul, en se questionnant sur les atouts et les faiblesses d’un territoire comme le nôtre face à ce genre de crise, qui pourrait, sans doute, se reproduire dans les années ou les décennies à venir. La résilience, ça vous cause ?

Mais pour digérer ce bordel, enrichir nos réflexions et envisager la suite, l’idéal, ça serait de rassembler les forces vives de la Basse-Marche autour d’une même table, ou plutôt d’un même événement. Et si on planchait sur l’organisation d’une convention de territoire, au printemps 2021 par exemple ? Ça serait une belle façon de rebondir sur cette crise covid…

Dossier de la rédaction à lire dans Mefia Te! numéro 6!

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